Je tiens à remercier tous les artistes, écrivains et poètes qui m'ont fait l'honneur pendant toutes ces années, de soutenir mon travail, et notamment tous ceux qui m'ont offerft leur texte pour accompagner mapeinture à l'occasion de différentes expositions.
Que leur générosité et leur amitié fidèle, m'autorisant à publier leurs textes, soient ici saluées.

Yves Bonnefoy    |     Edouard Glissant     |     Michel Jobert      |      Mohammed Khaireddine     |     André Pieyre de Mandiargues

 

Edouard Glissant

 
     

L’espace du signe est intime. C'est ce qui ressort de la fréquen­tation des oeuvres de Mehdi Qotbi, à partir de l'usage qu'il fait de l'écriture arabe en peinture. L’espace est là tout entier occupé par la savante propagation du signe. Cette totalité ne supporte dans la page aucune frontière du vide, aucun hiatus, pas un insignifié. Ce qui veut dire que cet espace se renforce et s'accomplit dans sa profondeur même. Les rencontres se jouent sous la trame, les évidences s'y embusquent. À même la prolifération, l'oeil guette ces profondeurs que je nommais intimité, qu'il faudrait plutôt désigner comme une seule trem­blante révé1ation.
Une telle accumulation, sans réserve et par conséquent toujours menacée, nuance à l'infini les couleurs du peintre, souvent données dans une patine monochrome qui est une ruse du révélé. La transparence nuage ainsi les roses grisés, les bleus qui doucement s'évertuent: la force fragile de toute cette apparence jetée en voile sur l'abîme où est gardé le secret Dans le creuset du temps, la calligraphie arabe, signe concret de l'âme, recouvre, pour la révéler, la respiration sourde du nasard. La peinture de Mehdi Qotbi est ce nasard nécessaire qui nous transporte aux limites de nos connais­sances: là où la totalité nous touche de son souffle, qui jamais ne s'épuise.

   
Accueil | Actualités | Biographie | Rencontres | Oeuvre | Intervews | Contact
Le Voyage de l'écriture | Préface | Ils parlent de Qotbi | Rencontres Ecrites | Remerciements