
Je viens de me pencher attentivement sur le beau livre consacré à votre œuvre, et dont vous venez de me faire présent.
Il m'apparaît que votre entreprise artistique va peut-être plus loin encore que vous ne le pensez.
Depuis quatorze siècles, récriture arabe est non seulement vecteur de la pensée dans toutes ses catégories, pensée religieuse en tête; mais sa graphie même est un art en soi, qui a eu ses écoles successives; elle fut source d'invention, de délectation, d'ornement, de décoration des objets et des architectures.
Avec vous, il semble que cette graphie s'engage dans une étape nouvelle, où elle rejoint les formes les plus modernes des arts picturaux, s'en fait le support, et parvient à intégrer même les autres écritures.
Vous opérez là un mariage des civilisations, qui est un dépassement.
Si ['on ne se dépasse pas, ou tout au moins si on ne le tente pas, on meurt ou on tue. Au moment où un certain islam se défigure en se fossilisant, vous renouvelez son écriture comme pour la remettre à l’heure du monde.
On souhaiterait qu'une inspiration de même nature se manifestât en d’autres secteurs de la vie intellectuelle.
Croyez-moi, je vous en prie, 
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