Cher Mehdi Qotbi,
Un immense merci pour ce merveilleux ouvrage dans lequel je suis plongé depuis plusieurs jours. Quelle richesse, quelle merveille! Tous les textes qui introduisent votre travail en reconnaissent bien l'admirable singularité. Elle est maintenant universellement reconnue et je m'en réjouis. Dois-je ajouter que je me réjouis aussi de retrouver dans ce grand livre le petit texte que vous m'aviez fait l'honneur d'illustrer. Il fera d’ailleurs l'objet d'une analyse à paraître dans un Cahier de l'Herne à moi consacré en octobre prochain.
Bien que cela soit très triste, quelque chose en moi trouve une certaine sublimité au fait que cette œuvre ait été, comme je viens de l'apprendre "détruite au cours d'une incendie, à Lyon, en 1999". Nous avons bien fait d'en garder les cendres. Les miennes, dont je ne sais pas si elles correspondent à quelque original, restent exposées chez moi et font l'admiration de tous mes amis.
Avec ma fidèle et affectueuse gratitude.
Jacques Derrida

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